D’abord, plusieurs travaux interrogent la langue anglaise dans le cadre de traductions vers le français (par exemple traduction des poèmes d’Ursula Le Guin et des monologues dramatiques féministes de Carol Ann Duffy) mais aussi comme outil de transmission intralinguale, via une variété d’approches. En linguistique et phonétique/phonologie, cela concerne l’étude du marquage de la subjectivité et de l’intersubjectivité dans des données interactionnelles en anglais (rôle de la prosodie, des marqueurs discursifs, etc.). Les recherches en histoire britannique sur le Commonwealth et les mouvements de fin d’Empire menées au sein de l’équipe s’intéressent également à diverses formes de transmission, via l’étude de stratégies rhétoriques en politique et diplomatie, et l’examen de différents processus de médiation linguistique dans des contextes de décolonisation où la langue anglaise a été désignée comme seule langue de travail.
D’autres travaux portent plus particulièrement sur le développement de nouveaux modes de transmission sur les réseaux sociaux, à la suite du séminaire « Mutations du Discours : les Discours Numériques » mené en commun avec l’Université d’Artois en 2025. Ces travaux mettent en place un travail de création, d’annotation, de diffusion et de valorisation de corpus au sein des Humanités Numériques.
Par ailleurs, l’expression et la transmission des affects est au cœur des recherches menées dans l’équipe, en linguistique (étude des manifestations linguistiques des émotions en lien avec la notion d’expressivité), mais aussi en littérature au sein des « affect studies », notamment dans certains travaux explorant la représentation de la musique en littérature (musique comme affect et comme langage représentés). Parmi ces affects, la notion d’empathie est particulièrement propice à une approche sur plusieurs niveaux, via l’étude de marqueurs de l’empathie dans une perspective linguistique, mais également dans le cadre d’une métaréflexion sur nos pratiques, en lien avec notre positionnement par rapport à notre objet d’étude. Comment a été théorisée cette notion en traduction, où il s’agit de « se mettre à la place » de l’auteur/autrice original.e ? Quel rôle joue l’empathie dans le processus traduisant ? Un questionnement similaire se pose à propos de l’étude des néologismes et discours (anti)féministes, dont certains travaux sont menés au sein du COST Action ENEOLI : comment se positionner dans le cadre d’études susceptibles de nous confronter à une certaine violence ?
Enfin, les travaux de l’axe se rejoignent autour d’une réflexion sur la voix – voix comme objet d’étude à l’oral ou voix représentée en littérature, histoire et politique. Un point central concerne les liens entre voix et identité, notamment en sociolinguistique (émergence de nouvelles nominations en relation avec des revendications (anti)féministes, perception des accents, etc.) mais aussi en littérature (récits littéraires permettant de donner une voix à ceux qui n’en ont pas, par exemple dans la littérature du Sud des États-Unis).