Les travaux de l’axe s’interrogent ainsi sur les métamorphoses et réécritures d’un patrimoine littéraire réinvesti et revisité. Ils s’intéressent notamment aux réécritures des classiques (en particulier de la mythologie gréco-romaine) et des Victoriens. La recherche menée inclut également l’étude de la réécriture de scènes et de personnages bibliques dans les littératures de l’imaginaire (Tolkien, C.S. Lewis) et d’œuvres modernistes (dont Virginia Woolf et William Faulkner sont deux figures de proue) dans les littératures anglophones contemporaines et ultracontemporaines. De fait, le colloque de 2024 sur les survivances de l’élégie pastorale dans la littérature et les arts du monde anglophone (XIXe-XXIe siècles) a mis au jour le lien puissant qui unit réinvestissement d’un patrimoine poétique antique et questionnement sur les relations entre l’humain et l’autre qu’humain, notamment à l’heure de la catastrophe climatique et de l’élégie environnementale.
La question du rapport entre les humains et leur environnement est également au centre de cet axe, embrassant tout le champ de l’écocritique et de l’écopoétique contemporaines et s’interrogeant sur la pertinence de la notion de nature et sur les alternatives proposées depuis le tournant écologique, qui s’est déployé depuis les États-Unis et a fait émerger le concept d’anthropocène. Les travaux de l’axe portent notamment sur les rapports entre hybridité, darwinisme et perception de l’humain chez les Victoriens ; les relations ambivalentes des écrivains du Sud des États-Unis avec leur région et son environnement protéiforme ; le décentrement opéré par les littératures spéculatives. Au-delà du cadre du paysage et par-delà la conception du primat de la raison sur la nature, héritée des Lumières, cette réflexion englobe toutes les formes du vivant avec lesquelles l’humanité se trouve en interaction pour s’intéresser à la porosité des frontières entre l’humain et le non-humain telle qu’elle est poétisée dans les littératures anglophones. Ainsi l’étude de l’évolution des relations entre l’humain et l’animal non-humain, l’humain et le végétal, l’humain et la machine, l’humain et le vivant extra-terrestre, est-elle au cœur des réflexions de l’axe, telles qu’elles sont questionnées dans les œuvres littéraires de la sphère anglophone, du XIXe au XXIe siècles.
Enfin, la question de l’écriture du passé et de l’histoire en littérature convoque des figures spectrales qui sont également au cœur des travaux de cet axe, qu’il s’agisse du gothique victorien, des hantises sensorielles modernistes ou de la persistance du trauma de l’esclavage. Les implicites et partis pris de l'écriture du passé permettent des croisements fertiles entre enjeux littéraires et linguistiques, politiques et historiques. D’E.P. Thompson à Hayden White, qu’est-ce qui préside à l’écriture de l’histoire humaine ? Comment intégrer l’autre (femmes, personnes racisées, mais aussi l’ensemble du vivant) dans l’écriture du passé ?
Deux séminaires portent les questionnements de cet axe :
- Le séminaire Seeds of Literature vise à nourrir la réflexion en écocritique et en écopoétique en examinant la place des espaces naturels dans la pensée postcoloniale et le rôle de la littérature dans la transformation de la perception de la nature et dans le développement de la conscience écologique.
- Le séminaire Littératures de l’imaginaire et théories de la fiction interroge les modes et dispositifs narratifs, et les postérités commerciales et faniques des littératures spéculatives.