La première dimension porte sur les matérialités et circulations du politique. L’étude du papier, de l’imprimé, du recyclage ou des objets du quotidien éclaire les façons dont des matériaux ordinaires traversent les hiérarchies sociales et témoignent de pratiques politiques, économiques ou environnementales. L’analyse des périodiques illustrés et des transferts culturels révèle comment les médias populaires deviennent des lieux de contestation ou d’adaptation des normes morales et civiques. Les recherches sur l’architecture montrent, quant à elles, comment les bâtiments – écoles nationales, édifices néoclassiques, styles historicistes – participent à la construction des identités collectives. Les débats stylistiques, les descriptions littéraires ou les représentations visuelles sont étudiés comme autant de traces matérielles où se cristallisent visions politiques, tensions constitutionnelles et mobilisations patrimoniales.
La deuxième dimension explore les représentations, récits et imaginaires du politique. Les travaux de l’axe analysent la formation des identités nationales, l’évolution de l’espace public et la reconfiguration des partis et des institutions, des élites et de la société dans son ensemble. La littérature constitue un terrain d’observation essentiel : qu’il s’agisse de sonder les héritages de l’esclavage, les conflits raciaux, l’histoire des idées et idéologies, ou la précarité économique et sociale, les textes permettent de saisir comment des communautés donnent sens à leur histoire et contestent ses usages politiques. L’étude des écritures marginalisées et des engagements féministes met en valeur des voix longtemps reléguées dont les traces, textuelles ou culturelles, contribuent à redéfinir les cadres du politique et les formes de l’autorité.
La troisième dimension s’intéresse aux espaces du politique dans le contexte de la migration, de l’empire et de la décolonisation. Les institutions de formation à l’émigration sont étudiées comme des lieux où se fabriquent des subjectivités genrées, professionnelles et coloniales, révélant les ambiguïtés de l’encadrement éducatif et humanitaire. Les mobilisations anticoloniales, les diplomaties culturelles, les concurrences mémorielles ou les transformations du Commonwealth permettent d’observer comment s’inventent de nouvelles pratiques de libération, de coopération ou de surveillance. Enfin, l’analyse des mouvements illibéraux contemporains éclaire la création d’espaces politiques alternatifs, du local aux réseaux numériques.
En combinant ces approches, l’axe étudie comment les espaces produisent et conservent les traces du politique, et comment ces traces redéfinissent à leur tour les sociétés.